Musique

Alan Strani : Interview et titre en preview exclusive

Article publié le 18 Juin 2012 par olivier

Le Pachacamac persiste et signe dans son rôle de golddigger en vous proposant aujourd’hui de découvrir un jeune artiste qui nous vient tout droit du pays des Helvètes et des vaches violettes. Rencontre et teaser d’un titre inédit en exclusivité au menu.

Alan Strani, jeune producteur neuchâtelois de 23 ans et membre du collectif « Le Concile du Colvert » débarque avec son premier album autoproduit : Excès de Jeunesse. Résidant aujourd’hui à Londres, c’est armé de son fidèle Roland Juno et de divers synthétiseurs analogiques qu’il distille un savant mélange sonore combinant samples de musiques et de films bollywoodiens, et classiques de la disco des années 70. On avait déjà eu le privilège de vous faire découvrir son titre « Jawarhlal » dans notre rubrique « Refrain Quotidien », voici un extrait de « Granada », titre qui sera bientôt disponible en téléchargement exclusif sur Le Pachacamac. Nous l’avons rencontré afin qu’il nous parle de son premier album et de ses autres projets.

Alan Strani – Granada (preview) from Le Pachacamac on Vimeo.

Alan Strani

Le Pachacamac: Pourquoi ce titre : « Excès de Jeunesse », est-ce du jeunisme ou un ras-le-bol?

Alan Strani: Un mélange des deux probablement. En effet, les compositions présentes sur l’album s’étendent sur un lapse de temps assez important, (ndlr : le temps de composition des titres s’étend sur plus d’un an et demi), ce qui m’a permis de prendre de la distance quand il s’est agi de me soumettre à mon autocritique et à l’exercice de définir ce qui ressortait de cet ensemble relativement hétérogène. Ainsi, je me suis rendu compte que ces compositions reflétaient l’esprit d’une période de ma vie, où souvent submergé et blasé par le monde académique, je me retrouvais le soir dans ma chambre, sortais les synthés et boites à rythmes de sous mon lit et me laissait aller à ce qui dans cet espace m’était permis: l’extravagance.

Thomas Bernard disait que “la jeunesse est un défaut…mais que le défaut de l’âge, c’est de voir les défauts de la jeunesse”. Ce titre reflète donc cette double dimension où d’une part, je vois de manière critique les excès en tout genre de cet album et sa discontinuité complète, et où d’une autre, je suis un peu effrayé par certaines nouvelles normes que j’ai internalisées et qui risquent de constituer des barrières à la création de mes futures productions.

Le Pachacamac: On note la forte influence de l’Inde dans cet album, aussi bien à travers des titres comme « Jawarhlal » que dans les sonorités et samples de films bollywoodiens. D’où te viens cette influence?

Alan Strani: A l’âge de 18 ans je suis parti 6 mois en Inde pour ce qui devait originellement être un stage et qui se termina par un long voyage. Au contraire de beaucoup d’Occidentaux qui vont en Inde afin de « se trouver eux-mêmes » à travers un voyage mystique,  j’ai apprécié de l’Inde sa pop culture. Ces voyages pseudo-mystiques tant prisés  par les touristes occidentaux passant par le port d’un « accoutrement autochtone » faisant sourire le premier Indien venu en jeans et t-shirt, te rappellent que même en Inde la globalisation est omniprésente et finit au pub du coin où la bière et la marijuana sont souvent les seuls gourous qui vaillent.

Pour être plus précis, j’ai apprécié cette manière qu’a eu la culture indienne de s’américaniser, donnant souvent un résultat très « cheap » et souvent plein de paradoxes comme le montre le style vestimentaire des classes moyennes urbaines. Chemises « Travolta » ouvertes avec pantalons pattes d’eph et une paire de trainers futuristes aux pieds à faire rougir de jalousie les designers de la NASA. En ce qui concerne la musique, c’est un peu la même chose. A la fin des années 70, beaucoup de musiciens se sont inspirés du disco, et ça a donné des résultats surprenants, qui je pense ont crée un nouveau courant musical qui s’est affranchi de ce qui l’inspirait (Voir Usha Utup par exemple). J’ai particulièrement apprécié ce nouveau style, dont je suis loin de connaître tous les détails, mais dont la spontanéité m’a permis de me sortir d’un certain ennui lié au disco. C’est donc grâce à cette nouvelle inspiration que  je me suis permis de sampler le Bollywood des années 70-80 pour épicer un peu mes créations.

Le Pachacamac: Des dates de prévues?

Alan Strani: Malheureusement, j’ai très peu de temps à consacrer à la musique en ce moment, et je souhaite vouer le peu restant à la production de nouveaux objets musicaux. Cependant, il n’est pas exclu que quelques « lives » voient le jour dans les prochains mois.

Le Pachacamac: Tes prochains projets?

Alan Strani: Je suis actuellement en train d’expérimenter de nouvelles pistes musicales, plus lentes, plus naturelles, où des textes chantés en français orneront la musique. Vous en saurez plus très prochainement (rires).

Le Pachacamac: On a vu que tu faisais parti du « Concile du Colvert » auquel tu avais d’ailleurs confié la réalisation de ton premier clip (« Jawarhlal »). Peux-tu nous en dire plus sur ce collectif?

Le Concile Du Colvert

Alan Strani: Le Concile du Colvert est né l’été passé autour d’une bière en compagnie de trois de mes très bons amis, Carl Åhnebrink, Fisnik Maxhuni et Charles Villanueva. Nous nous sommes rendus compte qu’il était peut-être temps de collaborer et de faire interagir nos idées respectives. A ce moment là, chacun travaillait déjà dans son coin sur des projets n’ayant comme but que leur bonheur et satisfaction personnelle à côté de leur vie académique. Le premier, Carl, un curieux du cinéma néoréaliste et amateur de profondes explorations musicales, travaillait sur des cours métrages complètement absurdes et décalés. Le second, Fisnik, vrai touche-à-tout en ce qui concerne l’illustration, mélangeant graphisme, peinture et photographie, travaillait de manière continuelle sur différents projets. Enfin, Charles avait disparu depuis plus de trois semaines et s’était enfermé dans sa chambre, pour peindre des drôles de personnages un peu tourmentés et refaire surface pour l’émergence du collectif.

Ainsi, l’idée de créer un concile, une sorte d’association qui se regroupe de temps à autre pour débattre, discuter mais aussi concrétiser différents projets artistiques alliant vidéo, illustration et musique était née. Le Colvert, apparu tout naturellement comme notre égérie, puisque symbole de la région d’où nous venons.

Le Concile se veut ouvert, hybride et sans pression. Lorsque l’un de nous à une idée, un projet qu’il veut développer seul ou en commun, nous en débattons et tout le monde s’invite à la concrétisation du concept.

Pour conclure, et sans trop rentrer dans les détails, cet été devrait s’avérer productif avec comme desseins la mise en route d’un nouveau court-métrage, une probable exposition de peintures et de photographies et le développement d’un nouveau site internet.

Le Pachacamac: Trois titres que tu écoutes en ce moment?

Alan Strani: Jaako Eino Kalevi – Pop Corn Party http://www.youtube.com/watch?v=FFgKgenX8Us

Le Pamplemousse – What You Got http://www.youtube.com/watch?v=Sl_VYPCvaNU

African Disco Power (sofrito edit) http://www.youtube.com/watch?v=wJixfqtuyIk

Le Pachacamac: Ton gagnant pour l’Euro 2012?

Alan Strani: J’aimerais bien voir les Hellènes gagner. La victoire finale pourrait faire office « d’opium » pour une population qui vit un drame injustifiable et injustifié. De manière réaliste, et sans parti pris , je pense que la « Squadra » (ndlr : l’Italie) peut l’emporter. L’équipe n’est plus un département de gériatrie et les jeunes pousses sont pleines de talent, en atteste le 1-1 contre l’Espagne.

Retrouvez des titres d’ « Excès de Jeunesse » et Alan Strani sur Soundcloudhttp://soundcloud.com/alan-strani


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© Concept by Le Concile du Colvert 2012

http://leconcileducolvert.tumblr.com/

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