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Chromatics – Kill for Love

Article publié le 08 Mai 2012 par alexis

Chromatics est un groupe américain né à Portland et composé de la chanteuse Ruth Radelet, du guitariste Adam Miller, du batteur Nat Walker et du producteur Johnny Jewel. Ce groupe a subi de nombreuses évolutions depuis sa formation il y a une dizaine d’années. En effet, son style musical a été bouleversé par les départs et arrivées de membres passant d’une mouvance punk / lo-fi à une ambiance empreinte de sonorités sorties des années 80, plus calme et rêveuse qui peut s’inscrire dans ce que l’on appelle depuis trois ans la chillwave.

L’attirance du groupe vers ce nouveau courant musical est en grande partie due à son génial producteur Johnny Jewel, véritable homme aux multi-facettes puisqu’il est membre des groupes Glass Candy et Desire puis co-fondateur du label Italians Do It Better spécialisé dans des sons «italo-disco» teintés de synthés eighties rétro-futuristes. Effectivement, depuis son arrivée dans le groupe, Johnny Jewel a su donner une nouvelle impulsion à Chromatics avec le très acclamé album Night Drive sorti en 2007 qui arriva à combiner une cold-wave qui n’est pas sans rappeler The Cure à une disco minimaliste. Jewel a aussi porté ses groupes aux yeux du grand public puisque figure sur la bande originale du film Drive deux de ses compositions : «Under Your Spell» sorti avec son groupe Desire et «Tick of the Clock» des Chromatics.

Kill for Love, dernier album studio depuis Night Drive, a des allures de mini chef d’oeuvre électronique qui se ressentent dès le premier morceau : une excellente reprise du tube de Neil Young «Hey Hey, My My» sobrement intitulée «Into the black» sur l’album. La profondeur des premières notes de guitare et la voix froide et cristalline de Ruth Radelet ont le pouvoir délirant de vous envouter en moins de 20 secondes. Par ailleurs, la chanteuse est vraiment l’atout le plus précieux de Chromatics, elle possède le don de vous filer des frissons incroyables tout en restant assez stoïque dans sa rythmique très éloignée des pseudo-divas de bas étage.

Le groupe Chromatics

En outre, un point marquant de cet album reste la précision extrême de la production. Les synthés sont calibrés au millimètre et vous plongent dans cet univers à la fois glacial et chaleureux rempli d’espoir et de rêves. Johnny Jewel dévoile ici l’étendue de son expérience musicale et nous sommes conquis. La mise en avant des guitares est également réussie puisqu’elle ajoute une certaine gravité et un cachet aux morceaux.

Toutefois, du haut de ses 90 minutes, l’album paraît assez fade et recèle de longueurs qui n’ont pas l’effet escompté – celui de vous plonger dans une espèce de transe électronique – et qui nous ennuient assez rapidement en cas d’écoute active. Des instrumentales qui s’étalent trop, des voix vocodées qui nous donnent une impression de déjà-vu en nous rappelant les vieux morceaux de Moby : ces faux-pas entachent un album qui échappe ainsi à la consécration ultime.

Quoiqu’il en soit, nous ne pouvons que vous conseiller Kill for Love qui s’inscrit tout de même dans le top 10 des meilleurs albums de cette première moitié d’année 2012.

Tracklist

  1. Into the black
  2. Kill for Love
  3. Back from the Grave
  4. The Page
  5. Lady
  6. These streets will never look the same
  7. Broken Mirrors
  8. Candy
  9. The Eleventh Hour
  10. Running from the Sun
  11. Dust to Dust
  12. Birds of Paradise
  13. A Matter of Time
  14. At Your Door
  15. There’s a light out on the horizon
  16. The River
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