Musique

David Bowie, souvenirs sixties

Article publié le 08 Avr 2012 par jules


Certains prétendent que c’est carrément ce qu’il a fait de mieux. Et si le propos peut sembler exagéré, il faut bien reconnaitre qu’on ne peut pas leur donner tout à fait tort. Au milieu des années 60, Bowie est responsable d’une série de singles stupéfiants, pépites oubliées et fondatrices de son style, incarnant à merveille l’idéal d’une élégance musicale revendiquée tout le reste de sa carrière.

David Jones, puisque c’est encore son nom, s’ennuie ferme dans sa banlieue de Bromley, comme pas mal de kids anglais de sa génération. Le monde, c’est-à-dire Londres, est en train d’exploser en un vivier de pop culture sans précédent, qui va vite engendrer les conséquences que l’on sait. Le Swinging London bat son plein, et une avalanche de jeunes gens en costumes ajustés et mini-jupes à la Twiggy parade sur Carnaby Street. Le psychédélisme est encore loin, l’heure est au modernisme classieux. Et musicalement, c’est bien sûr là qu’il faut être.

Tout cela fascine le jeune David, qui s’exile rapidement à Soho et fait ses classes dans différentes formations aux noms relativement ridicules. En juin 1964 sort un premier single, «Liza Jane», sur lequel il s’escrime tellement à imiter Lennon que sa voix est méconnaissable. Le morceau est gentil, mais sensiblement anecdotique.

  • David Jones & The King Bees – Liza Jane
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Pourtant, dès 1966, la donne change. Trois singles et autant de faces B sortent chez Pye, le mythique label des Kinks. C’est la classe létale. La perfection mod.

Bowie se lance dans une sorte de mod-jazz à la sauce Trad parfaitement dans l’air du temps. La ligne de basse est claire, les gimmicks imparables, l’orgue Hammond omniprésent. Et il y a la voix, sublime. Une voix de crooner inouïe, dans laquelle on perçoit déjà les prémices de cette diction si particulière. En somme, le mec assure méchamment. On croit entendre Chris Farlowe. Ou Georgie Fame, qui la même année embrase le Flamingo tous les soirs avec ses Blue Flames.

  • David Bowie – Can’t Help Thinking About Me
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  • David Bowie – And I Say To Myself
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  • David Bowie – Do Anything You Say
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  • David Bowie – Good Morning Girl
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  • David Bowie – I Dig Everything
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  • David Bowie – I’m Not Losing Sleep
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Bowie, désormais sapé comme l’Ace Face terminal, est sur la bonne voie. On est bien loin de l’époque Ziggy Stardust, au goût douteux concentré de manière terrifiante dans cette coupe mulet à peine croyable. Au contraire, on découvre un garçon à l’élégance impériale, qui livre une flopée de titres d’une classe affolante. Le son est divin, la production parfaite. Une fois encore, l’élégance, le chic suprême de ces quelques enregistrements précoces permettent une conclusion sans appel : même s’il n’avait plus rien fait après 1966, la légende de David Bowie serait déjà lancée.

The week-end starts here.

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