Art

Koren Shadmi, entre rêves et cauchemars

Article publié le 26 Mar 2012 par olivier

Une fois n’est pas coutume, l’histoire de Koren Shadmi est celle d’un génie extrêmement précoce. Celle d’un jeune garçon né en Israël et qui y grandira en commençant à dessiner très jeune. Il n’a même pas 14 ans qu’il dessine déjà pour plusieurs magazines. Le jeune Koren sait où il va et tient à nous emmener avec lui. C’est dans cette logique qu’il pond son premier roman graphique alors qu’il ne souffle que 17 bougies sur son gâteau d’anniversaire. Mazeltov.

Une année plus tard, il intégrera Tsahal en tant que graphiste et dessinateur, un choix qui n’en est pas vraiment un. Son service terminé, le jeune Koren fait ses valises pour les poser à New York et sa prestigieuse « School Of Visual Arts ». Diplôme en poche, Koren Shadmi ne va pas tarder à faire parler de lui. Le succès frappe à sa porte. Koren l’invite à entrer. Bienvenue dans son monde.

Très rapidement, académiciens, confrères et professionnels du monde de l’art, mais surtout un public averti, s’inviteront dans la maison de M. Shadmi. Un constat saute aux yeux. L’homme à bon goût et les quelques étagères encore vides seront bientôt remplies de prix et récompenses diverses. Médaille d’or de la société des illustrateurs, Koren Shadmi est aussitôt assailli de propositions et se retrouve à travailler pour des clients aussi prestigieux que « The New York Times », « The Washington Post », ou « W.W Norton ».

Il est difficile de décrire l’univers dans lequel évolue Koren Shadmi sans préciser l’ambivalence entre rêve et délire fiévreux qui l’accompagne dans chacun de ses tableaux. Omniprésente et terriblement oppressante, cette ambivalence nous rappelle à chaque moment que pénétrer l’univers de Koren Shadmi revient à marcher sur un lac recouvert d’une fine couche de gel. Celle- là même qui nous permet de contempler cette dimension parallèle à travers une vitre, mais qui risque à tout moment de céder et de nous emporter avec elle, comme elle l’a déjà fait pour le monde de l’art new-yorkais.

   

Koren Shadmi

Les œuvres du jeune Israélien ont cela de subjuguantes qu’elles ne laissent jamais indifférent. Son univers, haut en couleurs et marqué par une identité prononcée, impose rapidement de choisir entre rejet et fascination. Les États-Unis ont clairement choisi : les critiques sont dithyrambiques  outre-Atlantique alors que le dessinateur reste inconnu en France et dans une moindre mesure en Europe. Fait d’autant plus surprenant que sortaient récemment en France les deux magnifiques ouvrages que sont « Cours Intérieures » et « Dissymétries ». Gageons que devant tant de talent, cette situation puisse évoluer dans un avenir proche.

Le monde auquel il convie ses lecteurs n’est pas forcément évident d’accès pour tout le monde,  ce qui pourrait bien expliquer son absence dans les médias français. Décalé, souvent angoissant, il demeure cependant par dessus tout fascinant. Des couleurs les plus fantasques aux courbes les plus folles, Shadmi n’est pas sans rappeler par moments Klimt ou Schiele et happe littéralement son lecteur, qui, comme aspiré par un trou noir, finit par se retrouver dans les tableaux de l’Israélien, au sens propre comme au figuré. Koren Shadmi vous ouvre ses portes et il serait terriblement malvenu de refuser son invitation. Surtout quand on sait qu’il habite à Brooklyn.

 www.korenshadmi.com

 

 

  http://nettikasinorahapelit.com/

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