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M83 – Hurry up, We’re Dreaming

Article publié le 28 Mar 2012 par alexis

Pochette de l'album M83 - Hurry Up, We're Dreaming

M83 ? Ce n’est ni une arme américaine ni un tranquillisant pour chevaux. M83 est un groupe de musique électro-pop français originaire d’Antibes et fondé en 1999 par Anthony Gonzalez et Nicolas Fromageau. Si vous n’avez jamais entendu parler de ce groupe malgré sa longévité exceptionnelle dans ce genre musical, c’est normal. En effet, la France est un vivier musical innovant mais beaucoup continuent à écouter brailler des chanteurs de pacotille sans prendre la peine de fouiller notre petit trésor national qui recèle de joyaux musicaux. Oui, M83 est essentiellement connu aux États-Unis  et ce n’est pas la première fois que les Américains nous piquent nos idoles.  L’immense succès outre-Atlantique de groupes comme Air ou Phœnix  illustre bien le phénomène. Depuis le film Drive, ce sont Kavinsky et College qui sont en train de passer à la casserole. Le très bon album de M83 est-il condamné à subir le même sort ?

Sorti en octobre 2011, « Hurry up, We’re Dreaming » est un véritable bijou, une longue promenade dans la galaxie d’Anthony Gonzalez ponctuée de sons détonnants (Midnight City, Steve McQueen) et de ballades mélancoliques (Wait, Splendor) qui feront fonctionner vos glandes lacrymales à plein régime.

Ce double-album peut facilement devenir la bande sonore de votre vie. Vous ne me croyez pas ? Dans ce cas, enfilez vos plus belles baskets, mettez vos écouteurs, sortez, lancez l’album et commencez à marcher. Dès les premières notes de synthé de l’introduction, vous allez sentir que cet album va vous emmener loin, très loin. Il suffit d’entendre l’artiste chanter son premier couplet pour commencer à frissonner. C’est dans les dernières minutes de l’intro que M83 révèle la botte secrète qui fait souvent la force de leurs morceaux :  un savant mélange des chœurs, une batterie omniprésente, une ligne de basse électronique au synthé, le tout répété encore et encore pour créer un crescendo de toute beauté qui vous téléportera instantanément dans leur monde.

Une fois l’introduction passée, ressentez la puissance du single Midnight City, vibrez lors du solo de saxophone final et explosez en même temps que Gonzalez lorsqu’il hurle « The city is my church » car, ne l’oubliez pas, la ville est désormais votre terrain de jeu.  Grâce à cet album, plus rien n’est impossible.

http://www.youtube.com/watch?v=YhetpGY9gYA

M83 signe ici l’album de toute une vie. Au long de ces une heure et dix-sept minutes, Gonzalez étale tout son univers musical – et Dieu seul sait qu’il est étendu – en passant par des musiques pop marquées au fer rouge, des chansons parlées psychédéliques entrecoupées de moments épiques où la batterie nous martèle tellement le cerveau que l’on est fin prêt à partir au combat, l’épée à la main. C’est un album aussi majestueux qu’il est sensible. Il nous plonge, au détour de certains titres, dans l’innocence infantile qui, bien que lointaine, nous fait frémir et réveille en nous des émotions cachées.

Mais la véritable magie de ce disque réside dans son côté très progressif : c’est au fil des écoutes répétées que des détails jusqu’alors planqués nous sautent à la figure et nous dévoilent le génie musical de cet artiste. Ce n’est qu’à partir du moment où vous enlevez vos écouteurs et que vous ouvrez les yeux que vous vous rendez compte que le titre de l’album tape dans le mille.

A écouter sans modération.

Vive M83 et vive la France.

 

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