Art

Robert Combas, Greatest Hits

Article publié le 07 Avr 2012 par damien

"Mickey n’est plus la propriété de WALT il appartient à tout le monde BATO !"

Greatest Hits, on commence par le début et on finit par la fin est une exposition totale, à regarder, lire et écouter. Cette rétrospective consacrée à l’oeuvre de Robert Combas au Musée d’art contemporain de Lyon nous invite à parcourir les trois étages investis à la fois chronologiquement et thématiquement pour le plaisir de nos sens. Pour celui qui affirme «ma peinture, c’est du rock», il n’en pouvait être autrement ; jusqu’à installer un atelier/studio de création où l’artiste est en résidence éphémère pendant deux mois au sein même du musée.

Je m’appelle Sato, je suis pas rigolo, encore que quand je bois pas de l’eau, je fais le poirier, la bosse du chameau et le gros dos. J’abjure, par jalousie, et je dénie le bien par fantaisie. J’étais pourtant très intelligent et je pense que je le suis peut-être encore maintenant. J’ai été inventé par le Créateur qui est sûrement ordonnateur, qui brille tellement qu’on ne le voit pas vraiment et pareil on ne l’entend ou ne le sent. Bien que je sais que lui il sait, que nous savons sur le ponton. Je suis fait comme un rat alors que pertinemment je sais ce qui va arriver. Cela ressemble bizarrement à ces jeux virtueux que les humains vont inventer plus tard et qui se matérialisent sur les ordinateurs.

Né à Lyon et après une jeunesse passée à Sète, il est au fondement de la «figuration libre». Et derrière le fun apparent de ses toiles et sculptures, l’on appréciera particulièrement la surcharge de symboles de la peinture de Robert Combas. Mélangeant les influences, son oeuvre s’exprime par un rythme puissant, celui du rock. Car l’artiste peint comme on joue du rock, en s’attachant à tout saisir de la société, dans ce qu’elle a de plus beau mais aussi de plus cruel. L’amour y côtoie la violence, et la joie ne se conjugue qu’avec la peine. La sexualité est partout, intense et provocante, mais belle et jamais vulgaire. D’ailleurs la beauté ne s’est jamais mieux exprimée que dans la déformation des sujets. Chaque détail compte et participe d’une œuvre sociale critique.

Mais si Robert Combas est un peintre et sculpteur, c’est aussi un merveilleux poète. Aux côtés de son geste dynamique et coloré – la couleur nous enivre –, il ne néglige pas pour autant le goût de la langue et des mots. Ceux-ci viennent non seulement se glisser dans les toiles mêmes mais surtout les complètent, comme en témoignent les titres et les textes qui les accompagnent. Véritables morceaux de poésie libre, où le propos est cru et le sexe omniprésent, ils se suffisent presque à eux-mêmes. Ces lignes fonctionnent en effet presque en indépendance totale, mais guident aussi notre regard sur la toile, pour mieux la contempler. La poésie opère.

Lui-même musicien au sein de son groupe « Les Sans Pattes », c’est finalement une ballade musicale que Robert Combas propose, presque au sens poétique et médiéval du terme. Car après tout, ballade signifiait bien « danser » au Moyen-Age. Or, par son geste jamais reposé, toujours actif, c’est une invitation au mouvement que l’artiste nous lance. Et au terme de la visite, c’est avec la soif d’une bonne bière et la délectation d’un son rock que l’on ressort d’une telle rétrospective.

Paf ! ma chérie en guise de tarte à la crème tu te prends un Dubuffet surgelé dans la gueule. C'est super t'as de l'humour toi au moins, tu rigoles ! Drague-moi, comme une chanson d'amour, j'ai "la gaule" !

Robert Combas, Greatest Hits, on commence par le début et on finit par la fin, jusqu’au 15 juillet 2012, MAC Lyon

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